Catherine Da Lage, présidente des Pyrénées-Orientales

Catherine Da Lage

Catherine Da Lage, qui vient d’être réélue présidente des Pyrénées-Orientales, a toujours aimé les défis.

En 1981, elle travaille dans la publicité puis à la direction commerciale d’une imprimerie. En parallèle, la jeune femme s’investit au sein de la jeune Chambre économique locale. Apprenant en 1986 qu’un presse-tabac est en vente à Perpignan, elle décide d’en prendre les rênes avec son époux.

Cette mère de deux enfants fait alors fructifier l’affaire aux côtés de son mari, François, jusqu’en 2000.

Une femme indépendante

"Assez vite, j’en ai eu marre qu’on m’appelle “Madame Françoise” en référence à François", dit-elle en souriant. En 2001, nouveau défi : elle reprend, seule cette fois, un presse-tabac à Perpignan, où elle crée un espace café convivial, vend des viennoiseries, des sandwiches… Le succès est au rendez-vous. Non contente de travailler douze heures par jour, la marchande de journaux s’investit dans le même temps à la délégation Commerce du conseil municipal. Un engagement citoyen qui lui donne envie d’en faire plus.

En 2011, elle contacte l’UNDP, devenue depuis Culture Presse. "À l’époque, on parlait complément de rémunération. J’ai voulu rejoindre l’équipe de Gérard Proust pour relayer ses combats dans le département." Elle devient alors présidente des Pyrénées-Orientales.

+40 % de chiffre d’affaires

En 2013, Catherine apprend par le maire du Canet que dans cette commune, un presse-tabac de 100 m² est à vendre. Elle saisit cette chance : deux jours plus tard, elle demande le transfert de son affaire. Le temps qu’elle s’installe, un Mag Presse s’est implanté dans le village... Jusqu’en décembre 2014, elle doit se contenter d’être PVC (point de vente complémentaire), année où elle obtient la presse, après le dépôt de bilan de son confrère.

Entretemps, elle a exploré des pistes de diversification. Elle a développé un rayon terroir. On y trouve du vin, de l’huile d’olive et toutes sortes de denrées locales. L’été, deux fois par semaine, elle organise des dégustations qui attirent beaucoup de monde. Depuis son installation, son chiffre d’affaires global a augmenté de 40 % et la seule commission presse de 70 %, en 2015.

En janvier dernier, rebelote, un nouveau Mag Presse s’implante dans le village. Mais Catherine affiche son optimisme "Trente ans après mes débuts, je crois toujours en la presse et en l’avenir du métier, sous réserve que nous diversifiions notre offre. Nos magasins contribuent à maintenir la vie dans les petites communes, où ils sont de vraies locomotives commerciales tout en en créant du lien social."

Très présente sur le terrain

Entourée au sein de Culture Presse de cinq confrères aux profils différents afin de représenter la profession dans sa diversité, Catherine Da Lage fait régulièrement la tournée des magasins de son département et veille à ce que les problèmes se résolvent. "Nous avons changé de dépôt le 23 juin. Il a fallu tout reconstruire avec le nouveau dépositaire de Béziers. Aujourd’hui, nous travaillons en bonne intelligence. Récemment, il a monté un stock librairie, une bonne initiative pour répondre à la disparition d’un grossiste."

Investie au plan local comme au plan national, Catherine Da Lage a intégré en 2014 le conseil d’administration de Culture Presse. Elle se félicite des résultats produits par la mobilisation de l’organisation pour améliorer la trésorerie des marchands. "Nous allons être facturés sur la base de nos ventes quotidiennes de presse, ce qui rendra le relevé de presse hebdomadaire plus lisible et nous permettra de mieux piloter nos affaires. C’est une vraie bouffée d’oxygène."

Comment tient-elle le choc avec toutes ses activités ? Grâce à une pratique assidue de la méditation et du sport : le chindaï et le karaté hier, le golf et le bateau aujourd’hui. Se ressourcer pour mieux avancer, c’est son secret de jouvence. 

Pénélope Desvaux

Bio Express

Diplômes : DUT de gestion et finance des entreprises.

1957 : naît à Ille-sur-Têt (66).

1981-85 : attachée de direction en agence de pub puis directrice commerciale d’une imprimerie.

1986 : reprend avec son époux un presse-tabac-Loto à Perpignan et adhère à l’UNDP (devenue Culture Presse).

2001 : reprrend un autre presse-tabac en nom propre à Perpignan.

2011 : élue présidente UNDP (Culture Presse) des Pyrénées-Orientales.

2013 : transfère son presse-tabac au Canet-en-Roussillon.

Octobre 2015 : réélue présidente des Pyrénées-Orientales.