Denis Menet, président de Moselle et vice-président régional Nord-Est

Denis Menet

C'est une journée particulière. Nous sommes le mercredi 14 janvier et le premier numéro de Charlie Hebdo depuis les attentats de Paris vient de sortir.

Denis Menet est au téléphone : "Je vous conseille de passer en début de semaine prochaine", recommande-t-il à l'un de ses nombreux clients désireux d'en obtenir un exemplaire.

Le commerçant a patiemment enregistré entre 300 et 400 réservations, un réflexe naturel pour cet ex-contrôleur de gestion qui accorde une importance particulière à la notion de service.

Avant de reprendre la Maison de la Presse de Saint-Avold (Moselle), Denis Menet travaillait pour un grand groupe sidérurgique. Il a vu certains de ses confrères s'abîmer au travail et a préféré, après vingt ans de maison, démarrer une nouvelle activité avec son épouse. Le couple avait une idée fixe : le secteur de la presse. "L'écriture, la lecture et la culture, voilà ce qui nous plaisait", résume ce gérant d'une belle boutique de 400 m², répartie sur trois étages.

Son engagement auprès de Culture Presse (ex-UNDP) a été progressif. Denis Menet est d'abord devenu formateur au Cefodip avant d'accepter de reprendre, dans un département qui n'avait plus de délégué depuis de longues années, le flambeau de Culture Presse en Moselle. "J'ai dit oui et je ne le regrette pas. C'est une belle expérience, qui permet de sortir du magasin et de nouer de nouveaux contacts."

Ses confrères viennent le voir pour des questions techniques, des conseils. "On essaie de les informer du mieux possible", ajoute-t-il. Les demandes sont parfois pressantes, comme lorsqu'il faut conseiller des commerçants "au bout du rouleau, qui s'adressent à nous en dernier recours", ou lorsque des conflits éclatent entre marchand de presse et dépositaire. "J'essaie de prendre du recul, de provoquer la discussion, c'est de cette manière qu'on peut faire avancer les choses", assure Denis Menet.

En tant que formateur, il croise aussi les marchands de journaux de demain. Il ne leur cache pas les difficultés : "Pour devenir un bon professionnel, il faut être bosseur et s'investir à fond. Il n'y a pas de place pour le hasard. La presse ne se vend pas toute seule. Si votre prédécesseur réalisait un bon chiffre d'affaires, cela ne veut pas dire qu'il en sera de même pour vous. Il faut faire vivre son magasin, être attentif, faire des efforts. La concurrence est dure, la clientèle versatile. Nous avons tous les mêmes titres, vendus aux mêmes prix." Comme un leitmotiv, il répète qu'une seule chose fait la différence : le service.

Guillaume Pajot

Bio Express

1957 : naît à Metz (Moselle).

2004 : reprend la presse de Saint-Avold (Moselle).

2011 : devient président UNDP (Culture Presse) de la Moselle.

2013 : devient vice-président de la région Nord-Est